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A lire

Pour s'aider au quotidien


Au cœur des émotions de l’enfant
Isabelle FILLIOZAT
Marabout, 1999

Que faire devant les larmes ? Que dire face aux hurlements ? Comment réagir vis-à-vis des paniques ?
Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or, l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante.
Ce livre très concret, tire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer tous ces sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale.

Extrait : « Il est important de montrer à l’enfant que la reconnaissance et l’expression verbale de ses impulsions les plus violentes ne détruisent ni la relation, ni personne.
"Je comprend que tu sois en colère et je t’aime tout pareil."
Si les parents n’autorisent pas l’expression de sa colère, il la refoulera avec culpabilité et inquiétude. Si sa mère fond en larmes, il intégrera le fantasme qu’il peut détruire sa mère. S’il reçoit une raclée, il peut être terrifié à l’idée d’être détruit, surtout s’il est petit et ne fait pas encore bien la différence entre lui-même et autrui, car il perçoit alors le coups de son parent comme la continuité naturelle de sa propre colère. […] Quand les parents restent insensibles face à l’émotion de l’enfant, qu’ils l’envoient dans sa chambre ou "faire sa colère ailleurs", qu’ils ne s’occupent plus de lui, l’enfant est désespéré. Il comprend que ses émotions menacent la relation. […] Pour rester en relation, donc survivre, il lui faut gommer son ressenti, s’insensibiliser.» (p. 102-103)

Mon avis : Avec ses chapitres courts et très bien écrits, ce livre bouleversant est à lire absolument et à mettre entre toutes les mains !


Mon bébé comprend tout
Aletha SOLTER
Marabout

A la base de ce livre, 4 postulats :
- Le nouveau-né sait de quoi il a besoin.
- Si ses besoins sont satisfaits et qu’on ne lui fait pas de mal, il sera gai, intelligent et aimant.
- Le bébé est très vulnérable ; ses peines et ses besoins insatisfaits peuvent avoir des effets durables.
- Il a la possibilité de guérir spontanément de ses peines s’il peut exprimer ses sentiments de détresse.
Sept chapitres traitant chacun d’un besoin précis, à partir de questions que se posent tous les parents : le sommeil, la nourriture, le jeu, le besoin de pleurer…
Un livre original, passionnant et précieux qui apportera une véritable aide à tous les parents.

Extrait : « Bien des parents ont beaucoup de mal à permettre et à accepter les crises de rage. L’une des raisons en est qu’on croit souvent à tort que ces colères montrent que l’enfant est "gâté". Les parents pensent qu’il fait une crise de rage simplement pour "avoir ce qu’il veut". Or une crise de rage réelle et authentique n’est pas du tout un moyen de manipuler l’entourage, mais un besoin fondamental de décharger des émotions refoulées. » (p.269)

Mon avis : Pour comprendre les pleurs des bébés, mettre un sens nouveau sur leurs émotions. Pour mieux cerner leurs besoins et ce que l’on peut leur apporter en tant que parents. Une révolution.


Comprendre les besoins de votre enfant
Aletha SOLTER
Marabout

En s’appuyant sur les données récentes de la psychologie de l’enfant, Aletha Solter répond de manière concrète aux questions de tous les parents :
- Que faire face à une colère enfantine ?
- Comment lui faire surmonter ses peurs ?
- La rivalité naît entre frère et sœur… Que dois-je faire ?
- Plutôt que d’infliger une punition, quelle alternative choisir ?
Un ouvrage passionnant, ponctué de multiples anecdotes.

Extrait : « Une crise de rage est un processus de décharge physiologique très semblable à l’acte de déféquer. Lorsqu’une accumulation de tensions émotives et de stress survient chez l’enfant, ce dernier ressent la nécessité de s’en délivrer en pleurant ou en piquant une colère tout comme une accumulation de matière fécales dans le côlon entraîne le besoin d’aller aux toilettes. Le fait d’encourager l’enfant à se libérer d’une tension émotive, et d’y porter attention, n’entraînera pas un phénomène d’accoutumance puisque, comme l’acte de déféquer, l’acte de pleurer cesse de lui-même. […] Dissuader un enfant de laisser libre cours à sa colère, c’est le conduire à être "constipé" émotivement et vous créerez chez lui un blocage d’émotions. » (p.34-35)

Mon avis : Idem que Mon bébé comprend tout, mais pour les 2/8 ans.


Parents efficaces
Dr Thomas GORDON
Marabout

Pour que vos enfants soient heureux et épanouis, pratiquez les règles d’or de la communication !
Un programme pratique pour résoudre tous les conflits.
L’écoute active : indispensable pour que l’enfant vous parle.
- Le langage par lequel il se sent aimé et accepté tel qu’il est.
- L’art de lui parler pour qu’il vous écoute à son tour.
- Le comportement qui l’aide à trouver et développer sa vraie personnalité.

Extrait : « Cette alternative, c’est la méthode "sans perdant" pour résoudre les conflit, celle où personne ne perd. Dans notre programme de formation, nous l’appelons la Troisième Méthode. Même si pour presque tous les parents la Troisième Méthode semble une idée nouvelle pour la solution des conflits entre parents et enfants, ils reconnaissent immédiatement cette méthode pour l’avoir vue employée dans d’autres relations. Les maris et les femmes emploient souvent la Troisième Méthode pour régler leurs différends par des ententes mutuelles. En affaires, les associés s’en servent continuellement pour établir des ententes sur les objets de leurs fréquents conflits. Les syndicats et les administrateurs d’entreprise l’emploient pour négocier des contrats qui engagent les deux parties. […] On emploie souvent la troisième Méthode pour résoudre des conflits entre des individus qui possèdent des pouvoirs égaux ou relativement égaux. Lorsqu’il n’existe pas de différence de pouvoir entre deux personnes, ou que cette différence est très mince, on voit des raisons valables et évidentes pour que ni l’une ni l’autre ne tente d’employer la force pour résoudre le conflit. »

Mon avis : Le style est parfois un peu lourd (la traduction n’est pas des meilleures), mais le contenu de qualité offre de sérieuses pistes pour mieux communiquer : avec nos enfants et tout le reste de notre entourage !


Parents efficaces au quotidien
Dr Thomas GORDON
Marabout, 1995

La méthode sans perdant est ici racontée par des parents qui l’ont appliquée avec succès.
A travers leur expérience, découvrez comment :
- Obtenir plus de coopération et moins de conflits ;
- Ecouter et comprendre les émotions qui bouleversent vos enfants;
- Affirmer vos propres droits tout en respectant les leurs ;
- Etablir ensemble des règles qui seront appliquées.
Mieux que vous donner des solutions, cet ouvrage vous propose des procédés pour les trouver vous-même, avec vos enfants.

Extrait : « Cet exercice apporte la preuve que l’attitude type des parents face au problème d’un enfant est de dire quelque chose : ordonner, menacer, faire la morale, conseiller, faire la leçon, critiquer, humilier, faire un diagnostic, complimenter, rassurer, interroger ou dévier.
Ces réponses typiques sont appelées obstacles parce qu’elles bloquent souvent chez l’enfant toute poursuite de la communication. Elles peuvent aussi avoir des effets destructeurs sur l’estime que l’enfant a de lui-même, et également sur la relation même des parents avec l’enfant. » (p.37)

Mon avis : Un bon complément de Parents efficaces.

Pour entamer ou poursuivre une réflexion


C’est pour ton bien
Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant
Alice MILLER
Ed. Aubier, 1984.

« L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance…
Ma tâche est de sensibiliser cette opinion aux souffrances de la petite enfance, en m’efforçant d’atteindre chez le lecteur adulte l’enfant qu’il a été. »

Extrait : « Quand on éduque un enfant, il apprend à éduquer. Quand on fait la morale à un enfant, il apprend à faire la morale ; quand on le met en garde, il apprend à mettre en garde ; quand on le gronde, il apprend à gronder, quand on se moque de lui, il apprend à se moquer, quand on l’humilie, il apprend à humilier, quand on tue son intériorité, il apprend à tuer. Il n’a alors plus qu’à choisir qui tuer : lui-même, les autres, ou les deux. » (p. 119)

Mon avis : Ce livre a été une véritable prise de conscience pour moi. Il fait parti des bases sur lesquelles j’appuies ma réflexion sur l’Education.
Très bien écrit ; les seules difficultés rencontrées lors de la lecture sont d’ordre émotionnel. Parce qu’il y a parfois des choses que l’on préférerait ne pas savoir… Pourtant, cet ouvrage offre fondamentalement plus de Liberté.


L’avenir du drame de l’enfant doué
Alice MILLER
Ed. PUF, le fil rouge, 1996.

Si je devais aujourd’hui me chercher un thérapeute, je me demanderais en premier lieu : avec qui vais-je conserver mon autonomie? Qui me donnera des informations véritables?…
Qui répond sincèrement, et de façon satisfaisante, à mes questions, noue avec moi une relation de travail loyale et transparente, accepte les critiques, est prêt à se confronter avec les faits ?
Contrairement au petit enfant, l’adulte a des options. Il peut se fonder sur ses expériences, dispose de la faculté de raisonner ainsi que du libre accès aux informations. Tout cela il peut l’utiliser, s’il n’est pas bloqué dans le schéma de son enfance qui n’était auparavant qu’une stratégie de survie. Mais en détectant ce schéma nous pouvons en sortir et profiter des options que la vie nous offre.

Extrait : « L’étouffement de la liberté et la contrainte à l’adaptation ne commencent pas au bureau, à l’usine ou au parti politique, mais dès les premières semaines de la vie. Ce joug sera plus tard refoulé et c’est pourquoi il restera, de part sa nature, inaccessible à toute argumentation. Car la nature de l’adaptation ou de la sujétion ne change pas quand seul son objet est remplacé par un autre. » (p. 97)

Mon avis : Un peu plus complexe que C’est pour ton bien, ce livre m’a permis d’affiner ma perception des relations parents/enfants. Et de refaire émerger mes émotions d’enfant…


Un merveilleux malheur
Boris CYRULNIK
Ed. Odile Jacob, 1999.

On s’est toujours émerveillé devant ces enfants qui ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme, malgré tout. Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur.
Un mot permet d’organiser notre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis. C’est celui de résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l’adversité.
En comprenant cela, nous changerons notre regard sur le malheur et, malgré la souffrance, nous chercherons la merveille.

Extrait : « Les études sur les migrants nous ont appris que lorsqu’il n’y a pas de structure affectives et sociales autour d’un jeune, l’intensité de son désir n’est pas canalisée. Or, quand une forte énergie n’est pas utilisée, elle se transforme en violence qui explose à la moindre occasion. Comme pour les migrants, les orphelins, dont la structure familiale ou sociale a été brisée, peuvent devenir créateurs si on leur donne un lieu de parole, autant qu’ils peuvent devenir délinquants quand leur énergie ne trouve aucun lieu d’expression. Cette petite réflexion que nous proposent les orphelins, les migrants, les délinquants et les innovateurs nous mène à l’idée que la simple survie organique est traitée par le milieu écologique alors que la manière d’y survivre est traitée par un acte collectif. » (p. 63-64)

Mon avis : Où l’on comprend comment une simple rencontre peut changer toute une vie.



L’enfant qui ne pleurait pas
Torey L. HAYDEN
J’ai lu, 1998
Roman

A six ans, Sheila a tué. Lorsqu’elle arrive dans la classe pour enfants inadaptés de Torey, la police ne peut plus rien pour elle et l’hôpital psychiatrique l’a rejetée. Commence alors un long apprivoisement entre la jeune pédagogue et l’enfant sauvage qui dit toujours non et ne pleure jamais. Des gestes, des mots, des jeux… et Sheila se révèle sensible, intelligente. Chaque soir pourtant, elle retrouve son taudis et un père irresponsable et violent. Saura-t-elle jamais rire… et pleurer ?

Extrait : « Et puis tu es venue
Avec tes drôles de manières
Pas tout à fait humaines
Et tu m’as fait pleurer
Et cela ne semblait pas avoir d’importance
Tu m’as dit qu’il n’était plus temps
De jouer
Et tu as attendu
Que mes larmes se changent en
Joie. »
Sheila R.
(p. 255)

Mon avis : J’ai une tendresse particulière pour ce roman autobiographique : dévoré pour la première fois pendant mon adolescence (puis à plusieurs reprises par la suite), il m’a permis de découvrir l’éducation spécialisée.
Plein d’humour, d’amour, d’humanisme.


Les mots pour le dire
Marie CARDINAL
Le livre de poche, 1993

La jeune femme que nous découvrons dans Les mots pour le dire est un être physiquement et moralement désemparé, au bord de la folie. Jusqu’au jour où elle se décide à confier son destin à un psychanalyste.
Il s’agit ici d’un cas vécu, particulièrement pénible. Fasciné, le lecteur subi la puissance de ce livre où se manifestent le tempérament d’une femme et le talent d’un écrivain. Cet ouvrage a obtenu le Prix Littré 1976.

Extrait : « Je me suis mise à parler de ma mère et cela ne s’est pas arrêté jusqu’à la fin de l’analyse. Au cours des années je me suis enfoncée en elle comme dans un gouffre noir. Ainsi ai-je fait la connaissance de la femme qu’elle voulait que je sois. J’ai dû, jour après jour, faire le relevé de son acharnement à fabriquer un être parfait selon elle. J’ai dû mesurer la force de sa volonté à tordre mon corps et ma pensée pour leur faire prendre le chemin qu’elle avait décidé. […] Ma mère m’avait dévoyée et ce travail avait été si bien fait, si profond, que je n’en étais pas consciente, je ne m’en rendais plus compte. » (p. 86)

Mon avis : Plusieurs lectures sont possibles, toutes aussi riches les unes que les autres.

 

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